Mesdames, Messieurs aujourd’hui nous parlerons de la série phare connue dans toute l’Afrique francophone. Avouons-le que depuis la série Ivoirienne » MA FAMILLE « , l’Afrique francophone n’avait pas connu un aussi grand succès. Au sein de cet article, nous allons évoquer les forces et les faiblesses de la série.
Le générique
Commençons par le commencement, le générique phare de la série. Pourquoi opter pour un générique d’un style de musique des années 40 plutôt que privilégier la modernité ? Surtout que ce générique ne favorise à aucun moment la promotion des talents musicaux camerounais. Le Cameroun regorge de talents musicaux à qui on ne pense pas à faire appel ce qui aurait permis d’ailleurs à ces artistes d’avoir une meilleure visibilité. NOVELAS je t’en prie sors de ce corps ! EBENEZER KEPOMBIA avait pourtant marqué le coup à plusieurs reprises en choisissant Junior EYANGO pour les génériques de ses œuvres cinématographiques tels que » OTAGES D’AMOUR « , la » REINE BLANCHE » ou encore » CERCLE VICIEUX « .
Les décors de la série…
Parlons un peu des différents autres arcs de l’art dans cette série, par exemple l’ambiance du décor à plusieurs niveaux. On voit une famille très puissante, des enfants ayant fait de brillantes études et d’autres un peu paresseux, un père influent, qui n’hésite pas à corrompre une justice qui devrait être impartiale, un décor intérieur magnifique, en gros un cadre digne de séries occidentales, voir américaines. Cela montre effectivement une nouvelle Afrique, bravo à la styliste pour les tenues des acteurs très très sophistiquées. La tendance « Afritude » est de taille ; Mitoumba n’a pas fait in the dentelle, les lieux choisis très valorisant mais justement c’est là où est le hic, cet environnement est justement trop propre. Le lieu du commissariat qui est visité comme la promenade des anglais et aussi « Choco » qu’un hôtel de luxe. Ne parlons même pas des lieux hospitaliers… Pas un gramme de poussière, voir saleté qui traîne, alors que si nous comparons certaines séries françaises tournées sur Paris, nous remarquerons les lieux filmés où il y a toutes les catégories sociaux professionnelles et des lieux filmés délabrés qui fait partie du pays ; pour revenir sur le côté vestimentaire, les acteurs sont toujours bien habillés même au lever du lit. Je parle notamment des actrices. Pas une imperfection, on peut parler de cet axe dans l’art de la coiffure une grande majorité des actrices portent des perruques et ne sont pas au naturel ce qui est très très dommage comme un sentiment de honte de porter leurs cheveux au naturel alors que nous savons tous que le cheveu crépu possède une multitude de possibilités de coiffure, pourquoi vouloir toucher ou retoucher ce qui représente la femme noire capillairement ? Quant aux hommes même pour des scènes à l’intérieur de l’habitation sapés comme jamais alors qu’on sait très bien que même si c’est une fiction, il faut aussi mettre un peu de réalité ce qui frustrerait moins le téléspectateur. Toute personne humaine se lève en tenue de sommeil et sans artifice. Pour ce qui est de l’art culinaire camerounais ou Africain, celui ci est très peu représenté dans la série.
Le jeu d’acteur, le scénario et les thématiques
Nous allons creuser notre entonnoir et évoquer le jeu d’acteur des personnages, malheureusement à 70% le jeu d’acteur est vraiment pauvre. Attention ! Certains comprendront par cette phrase que les acteurs ne sont pas bons. Je veux dire par cette citation que » Le jeu d’acteur des personnages choisis pour les rôles respectifs qu’on leur donne ce n’est pas le registre adapté pour certains. La mère MBARGA par exemple ayant un jeu d’acteur digne d’un actor Studio. Le côté dramaturge sur certaines scènes n’était pas présent. Autre exemple l’acteur KAMGA; son jeu d’acteur est complètement identique à la série » LA REINE BLANCHE « . Un jeu d’acteur essayant de donner un côté théâtral alors que dans le contexte de la série, cela n’a pas sa place. Surtout qu’il ne possède aucune notion de formation dans cet axe; c’est bien dommage !
Les personnes rehaussant un peu le niveau de la série par leurs talents sont les patriarches Mr ESHU et Mr EBENER KEPOMBIA qui rajoutent cet esprit comique à la série. Je salue totalement d’ailleurs la relève du cinéaste qui réalisant la série apparait au titre de « figurant » car il a compris d’une part qu’assumer autant de casquettes est impossible preuve de maturité mais également il faut laisser la place à une nouvelle génération et être au statut d’accompagnateur car on constate encore que certains cinéastes produisent et se donnent le premier rôle pour attirer toute l’attention sur soi et surtout que le jeu d’acteur n’est pas au rendez-vous pour certains.
Nous allons terminer sur les personnages et leurs évolutions, trop brusques trop violentes ; dans la famille MBARGA, je demande le couple EWANE , Bill d’un bon père de famille devient un assassin waouhhh quelle mauvaise métamorphose, pourquoi ce scénario ?
Je demande à la barre la famille PIWOLE. D’un coup, il se trouve aussi rapidement au titre de recteur et avec un scénario trop vu de la belle-mère sur le dos de sa belle-fille pour une histoire d’enfants… Et d’ailleurs la série était trop concentrée sur ce couple. Mais avec un coup de grâce magnifique à la fin l’arroseur arrosé ah ah ah bravo chapeau ! Mais pourquoi mettre autant d’épisodes pour attendre ce coup de théâtre ? Cela est très très dommage.
Le couple Julia et Hervé là, on était dans un méli-mélo pas possible. Ce couple qui était original et forçait le respect des uns et des autres deviennent comme Mr et Mme tout le monde. Un scénario également répété par la belle-mère qui ne voit que le statut de grand-mère et aucune compassion pour la belle fille. En somme, des sujets « Déjà vu« , aucune originalité, ces thèmes vus et revus encore et encore. Si vraiment la série souhaite rester vraiment sur ces sujets ils auraient pu être évoqués de nouveau mais de manière plus modernisée qui auraient amené à une évolution des mœurs. Tellement de sujets auraient pu être évoqué tels que l’émancipation de la femme professionnellement et financièrement au contraire dans le contexte de la série ces femmes dépendent soient du mari, soient des parents notamment Mme EWANE qui a une activité ne fonctionnant pas et qui fait cela pour passer le temps. Le reste des rôles féminins, nous ne savons aucune information sur leur activité.
Et enfin le couple MBARGA. Une mère devenue égoïste au lieu d’être une mère attendrissante envers ces enfants et protectrice surtout avec Passi jouée par Murielle BLANCHE. La thérapie de couple est un élément qui m’a frappé, car beaucoup pensent qu’il n’y a que les occidentaux qui évoquent ce sujet. Alors que la thérapie en Afrique est tout à fait présente sous une autre forme qui est la plupart du temps le parent. Dans cette scène, l’homme exerçant le métier aurait pu être par exemple vêtu d’une tenue d’aujourd’hui, mais avec un petit motif par exemple « Afritude « . Prenons l’exemple du clip de Yemi Alade « Deceive » la scène débute par une thérapie avant l’engagement au mariage et la spécialiste est vêtue d’une tenue tout à fait traditionnelle très chic et élégante voire même moderne. Dans le contexte de la série camerounaise, le personnage jouant le psychothérapeute est tout le contraire, il est européanisée de la tête au pied vestimentairement parlant jusqu’à la communication.
Malgré ces petits aspects, nous conclurons que cette série reste agréable à regarder en famille ou avec des amis et que nous la recommandons sans modération à quiconque souhaite la voir. Elle réunit les moments de joies, de peines de chaque couple qui sont uniques et très différents.
Par Zand’l









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