L
e 26 octobre 2024, la salle Manu Dibango de l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang a accueilli la toute première projection du second long métrage de Bienvenu Nguekeu, intitulé Ferme ta Gueule. Ce film plonge les spectateurs dans un univers fictif, mais inspiré de réalités bien concrètes. Située dans un pays imaginaire baptisé « Afrique », l’intrigue expose la vie d’une population opprimée par un tyran impitoyable. Bien que fictif, ce récit résonne avec les réalités de nombreux pays où le pouvoir est abusif, et où toute forme de contestation est brutalement réprimée. Sur une durée d’1 h 21, on suit Ama, interprétée par Nguefack Dalyce, une figure de résistance qui brave le pouvoir du président Koffi (incarné par Nitedem Pierre Roger), soutenu par son général impitoyable, joué par Alla Adjimbaye.

Un Scénario Inspiré des Réalités Actuelles
Le film transporte les spectateurs dans un pays fictif dirigé par un tyran qui instaure un régime de terreur. La torture et les abus de pouvoir sont omniprésents, et quiconque ose défier l’autorité est violemment réduit au silence. En abordant la répression politique, le film explore également la peur, la résilience et l’espoir au sein de cette société opprimée. Bien que fictif, le scénario évoque de manière poignante les luttes pour la liberté et la justice que connaissent de nombreuses sociétés africaines. Toutefois, quelques clichés persistent, notamment celui de l’Africain dépeint comme un tyran au service de forces maléfiques. Un regard plus nuancé aurait permis de comprendre que ces abus de pouvoir résultent souvent de la cupidité personnelle, sans nécessairement invoquer des forces surnaturelles.
Le Jeu d’Acteur : Entre Conviction et Faiblesses
Malgré un scénario captivant, le jeu d’acteur ne convainc pas toujours. Bien que certains acteurs réussissent à exprimer la peur et la résignation de façon crédible, plusieurs scènes manquent d’intensité émotionnelle, ce qui atténue l’impact de moments clés. Ce manque de profondeur dans l’interprétation empêche le spectateur de pleinement ressentir l’angoisse et la révolte qui devraient imprégner certaines scènes. Toutefois, le personnage du général se distingue par une interprétation remarquable, incarnant parfaitement le rôle tout au long du film.
Des Scènes Accessoires Qui Encombrent le Récit
Certains passages semblent superflus et pourraient être raccourcis pour maintenir le rythme du film. Ces séquences additionnelles dispersent quelque peu l’attention du spectateur et affaiblissent l’intensité narrative. Malgré cela, le travail des techniciens en termes de cadrage et de direction artistique mérite d’être salué, contribuant à renforcer l’atmosphère étouffante de l’intrigue.
Une Bande-Son Intense et Immersive
La musique, quant à elle, est une réussite notable. Les sonorités Afro Pop accompagnent parfaitement les moments de tension et renforcent l’atmosphère oppressante du film. La bande-son devient un personnage à part entière, soutenant chaque scène marquante et ajoutant une profondeur émotionnelle parfois absente dans le jeu d’acteur. Elle apporte une dimension supplémentaire qui ancre le spectateur dans l’univers fictif du film.
Un Message Éducatif et Profondément Engagé
Outre ses qualités artistiques, le film se démarque par son message éducatif et engagé. En dénonçant les abus de pouvoir, il invite chacun à réfléchir à la gestion éthique de l’autorité et au rôle du citoyen dans la société. Le film appelle à un engagement citoyen actif, encourageant la résistance face à l’oppression pour préserver la liberté. Ce message résonne fortement, offrant aux spectateurs une opportunité de réflexion sur la démocratie et les droits humains.
Bien que le film présente des faiblesses artistiques, il réussit à éduquer et sensibiliser sur des enjeux de pouvoir et de droits humains. Une œuvre à découvrir pour sa capacité à susciter le débat et la réflexion.








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