
La consultation des listes de 10 finalistes au prix découvertes RFI de cette année 2020, m’a mis dans un état de traumatisme avancé, très avancé même. Sur mon Facebook, je m’interrogeais déjà sur les raisons pour lesquelles Shan’l se retrouve dans ce palier de finaliste. Après plus de recherche sur les autres finalistes, je me rends compte que ceux en course ne sont nullement des découvertes sur le continent africain.
Par exemple, Moonaya du Sénégal, elle est signée chez Sony Music Côte d’Ivoire. Elle est présente dans le rap africain depuis déjà une quinzaine d’années. Manamba Kanté, fille de la légende Mory Kanté et chanteuse hors-pair dans son pays, le magazine Jeune Afrique lui avait consacré tout un article en 2018 https://www.jeuneafrique.com/mag/636352/culture/guinee-manamba-kante-comme-un-air-de-beyonce/ la comparant à Beyoncé. Elle cumule des millions de vues sur YouTube au même titre que Shan’L, qui nous fait danser depuis de nombreuses années et dont le talent n’est plus à démontrer. Déjà, cette année, elle a reçu plusieurs prix la désignant comme la meilleure artiste féminine d’Afrique centrale (afrima awards, PRIMUD awards) écrasant ainsi ses confrères camerounais.

Honnêtement, je n’ai rien contre ces artistes féminines qui sont des valeurs sûres de la musique africaine, on leur doit beaucoup. Mais pour moi leur place comme finaliste du prix découvertes RFI est la plus mauvaise position qu’elles pouvaient occuper actuellement. Quand on est déjà artiste confirmé, on doit pouvoir prendre de la hauteur et avoir la sagesse de laisser aux plus jeunes que soi, l’opportunité de saisir leurs chances. Au Gabon, il y a beaucoup de découvertes, Randa Ndong par exemple vient de sortir une magnifique vidéo…En Guinée il y a Keyla K qui apporte un peu de fraîcheur au rap, au Sénégal, il y a par exemple Queen Biz… Au Cameroun, Stéphane akam, NDA chi ect….
Cependant, le choix de ces artistes-finalistes révèle le mal profond de ce genre de concours. Le fait de choisir des prétendants au Prix Découvertes RFI bien installé dans les bureaux parisiens, loin de l’Afrique et de ses réalités, par des personnes qui ne viennent qu’en touriste pour quelques jours à peine de visite et qui du coup sont convaincu de maîtriser la musique et la culture africaine dans leur globalité alors qu’il s’agit quand même d’un territoire où se côtoient 52 pays.
Dommage que ce prix tombe à ce niveau après avoir permis, tout de même, de découvrir de VRAIS NOUVEAUX TALENTS tel que Céline Banza, Yvan Buravan ou encore Soûl Bang’s… Ah oui, c’était le travail de l’ancienne équipe.
Moi, je vous quitte dans la paix du Christ.
Par Rihanno Mars







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