Pour ce mois de février, la rédaction met en avant des jeunes qui font bouger la ville de Dschang. Pour ce 5 ième numéro du magazine Petit coin des étudiants, Siedjou Nouwou Auguste, Malik Mouyincha et Leonel Nguezet sont en couverture.
Professeur certifié d’éducation physique et sportive ; entraîneur FIBA ; expert international ITK ; ancien international basketteur camerounais (3 fois champion du Cameroun, 4 fois vainqueur de la coupe du Cameroun, champion universitaire et plusieurs participations aux compétitions internationales), Siedjou Nouwou Auguste fait ses études supérieures à l’Université de Dschang où il obtient un master en Droit des affaires. Actuellement, il est l’entraîneur de Nzui manto basketball de Bangangté (Champion du Cameroun, 2 fois finaliste de la coupe du Cameroun, vice-champion d’Afrique centrale, 1 participation à la Champions league africaine) et l’entraîneur de basketball de l’université de Dschang (Champion universitaire). A coté de ce CV bien fournit, la rédaction vous invite à suivre cet entretien exclusif avec ce champion de Basketball.
Bienvenue Coach au petit coin des étudiants.
Est-ce faux si on vous qualifie de sportif professionnel ?
Oui, car dans notre environnement il n’y a pas réellement des sportifs professionnels, l’environnement sportif camerounais exclusivement amateur.
Où pensez-vous que le basketball peut vous amener ?
Le basketball m’a déjà amené a des endroits et permis de vivre des expériences que je n’aurais même jamais soupçonné vivre. Parcourir le monde, rencontrer des personnes de cultures et d’horizons divers, faire des expériences humaines, sportives, sociales, culturelles, émotionnelles immenses. Et je pense ça continue de le faire. 
Dans les grandes productions américaines on voit des étudiants jouer au basketball et devenir des vedettes et se faire beaucoup d’argent, à l’université de Dschang quel rêve peut se permettre un étudiant accro à ce sport ?
A travers le basketball, notre objectif est de développer des grands hommes et des grandes femmes pour notre société, ceci grâce à l’impact du sport sur le développement des différentes qualités, aptitudes et habiletés de chaque individu afin qu’il puisse exploiter son plein potentiel et devenir la meilleur version de lui-même. Être un être conscient qui atteint son plein potentiel (mental, cognitif, physique, social…), utilise et développe ses aptitudes de leadership au maximum. A côté de cela, le bonus est d’avoir un sportif qui signe dans un grand club professionnel et vit de sa passion tout en se faisant beaucoup d’argent.
Vous a-t-on déjà dit que vous perdez votre temps en jouant au basketball dans une ville comme Dschang ?
Ah ça oui ! Beaucoup de personnes me demandent pourquoi je ne quitte pas une petite ville comme Dschang pour aller ailleurs exercer ma passion. C’est toujours un grand sourire que je leur retourne comme réponse.
Combien de jeunes avez-vous vu quitter la ville de Dschang pour aller dans des grandes métropoles jouer au basketball ? Ont-ils percé ?
Plusieurs !!!! Aujourd’hui on compte plusieurs joueurs qui évoluent dans de grands championnats universitaires aux États-Unis, dans des championnats en Europe, dans des grands clubs en Afrique et partout au Cameroun. Pour citer un nom, actuellement le meilleur joueur du championnat camerounais Etienne TAMETONG est parti de Dschang pour dominer le basketball camerounais depuis déjà quelques années.
A un jeune étudiant qui vient de frapper aux portes de l’université et qui kiff le basketball quel conseil lui donnez-vous ?
Prend tes études très au sérieux, rêve le plus grand possible, soit discipliné et ne fait pas plus d’une activité extra académique. Étudie, entraine-toi, vit avec intensité en donnant le meilleur de toi jours après jours.
Les préjugés le plus drôle que vous avez entendu dire autour du basketball
Ce sont des vantards !!! Pourtant nous sommes seulement grands de taille.
Les jeux universitaires de Ngaoundéré 2023, êtes-vous de la partie ?
Bien entendu ! Cela fait 3 ans que cette compétition ne s’est pas tenue. Et c’est avec beaucoup de joie que nous y prendrons part. Faire la compétition est la seule raison de tout sportif, du coup le retour à la compétition et le maximum de compétitions attise la passion des sportifs.
Quelle promesse faite vous pour votre participation à ces jeux ?
La promesse qu’on fait pour cette participation c’est d’abord à nous même, on va s’amuser à fond, faire la compétition avec passion et jouer avec honneur et loyauté, performer au plus haut niveau, vivre l’expérience au maximum….
Dans notre contexte camerounais où il manque un véritable écosystème financier autour du basketball, comment faites-vous pour vous en sortir ?
Il s’agit déjà de mettre le basketball dans chaque contexte :
- Dans le contexte universitaire l’activité est gérée par l’université de Dschang qui définit elle-même la politique à la fois sportive et financière.
- Dans le contexte civil, l’activité es gérée par l’association ou le club pour lequel nous travaillons. Et fonctionne comme une association ou un club sportif amateur fonctionnerait.
- Dans un cadre privé, nous avons créé une association sportive du nom de DSCHANG BASKETBALL ACADEMY qui fonctionne grâce aux cotisations de ses adhérents, aux fonds propres que nous y mettons, aux dons, et nous espérons dans un avenir prochain grâce aux sponsors et aux revenus générés par l’activité.
Selon vous que devraient faire les acteurs toutes casquettes confondues pour améliorer les choses ?
Honnêtement je ne saurais donner les réponses dans un si bref exposé car il s’agirait de faire un condensé des stratégies de développement et de management des organisations sportives, il nous faudrait bien plus que des lignes pour répondre.
Partagez avec nous votre routine quotidienne de sportif professionnel
Déjà comme mentionné plus haut nous ne sommes pas dans un contexte de sport professionnel mais plutôt amateur. Ma routine est fonction du calendrier sportif annuel. Entre les compétitions de la ville, régionales, nationales, internationales, universitaires, privées, j’établis un programme de préparation. Par exemple sur le plan universitaire actuellement nous sommes en période de préparation des jeux universitaires. Chaque matin de 06H à 08H j’ai entrainement, après je rentre à la maison me laver, prendre mon petit déjeuner et je reviens au travail, de 14H à 15H je me change et travaille personnellement. Je finis je retourne au travail, à 16H j’entame la deuxième séance pour finir à 18H. J’ai cette même routine de lundi à samedi jusqu’à la tenue des jeux universitaires. Entre autre il faut tenir compte des matchs de compétition auxquels nous devrons prendre part certains weekends.
Par Rihanno Mars
Vous a-t-on déjà dit que vous perdez votre temps en jouant au basketball dans une ville comme Dschang ?
Combien de jeunes avez-vous vu quitter la ville de Dschang pour aller dans des grandes métropoles jouer au basketball ? Ont-ils percé ?






![[Non] aucun recrutement d’agents n’a été lancé dans le cadre du Chan 2020.](https://visartculture.com/wp-content/uploads/2020/01/FB_IMG_1580394282871.jpg)
C’est bonne rédaction et ce coach est très inspirant et se qu’il fait pour les jeunes de cette petite ville est louable car permettre à un jeune de rêver et d’avoir la possibilité de réaliser son rêve est le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un homme