Hello les culturiens. En prélude à la journée mondiale du droit à l’avortement qui se célèbre le 29 septembre, nous avons assisté (homme de média et autres) ce vendredi 10 septembre dans les locaux de l’hotel Tou Ngou à un atelier d’échange avec les responsables de la société camerounaise d’Obstétriciens et de Gynécologues ( SOGOC). Des échanges qui ont été centrées autour de la santé sexuelle reproductive, les risques liés aux avortements non médicalisés et la position de la loi camerounaise sur la question de l’avortement. Retrouver dans la suite de ce billet de blog les raisons du combat que cette association de médecins camerounais défend depuis plus de 30 ans déjà.
L’avortement : un sujet assez épineux dans une société jalouse de ses mœurs
Déjà, avant de commencer, je vous prie de ne pas confondre les choses, le but de ce billet de blog n’est pas de faire la promotion de l’avortement, bien au contraire. L’association SOGOC ne vente pas les mérites de l’avortement, mais milite plutôt pour que celle-ci, qui est un soin médical, soit assistée de la meilleure des façons à toutes les patientes ceci pour le bien de sa santé sexuelle reproductive.
Si vous êtes camerounais alors très certainement vous connaissez la célèbre citation « qui conçoit accouche », autrement dit il n’y a pas de place pour l’avortement ici chez nous. Mais la situation actuelle concernant la santé sexuelle chez les femmes est assez effrayante. 32 800 femmes sont mortes suite à des complications liées à un avortement non médicalisé. 15 % à 30 % des décès maternels au Cameroun sont liés à un avortement à risque (EDS, 2018). Des chiffres qui montre que l’avortement est l’une des premières causes de mortalité maternelle au Cameroun.
Face à ce constat malheureux, la SAGOC depuis plus de 30 ans milite pour limiter le nombre de morts dû à un avortement.
La fédération des médecins obstétriciens considère les services d’avortement sécurisé comme étant un outil de base non-négociable pour garantir les droits de chaque femme dans le monde entier. Avortement procuré par un personnel qualifié et dans un environnement approprié = à la procédure la plus sure connue en science.
L’avortement un vocabulaire, toujours stigmatisant dans notre société camerounaise.
Dans notre culture, dans nos traditions, dans notre religion, l’avortement est vu avec un très mauvais œil. Une personne qui avorte ou qui contribue à faire avorter une autre est vue comme le diable, le démon… Le vocabulaire autour de l’avortement n’est pas glorieux, ce qui pousse les personnes devant y recourir à prendre des voies non sécurisées et donc par la plus dangereuse pour se faire avorter. Un sujet tabou, même nos influenceurs ou encore star ne prennent pas position sur ce sujet, or certains artistes se retrouvent parfois avec une telle situation.

La loi camerounaise et l’avortement
Le code pénal camerounais par ses articles 337, 338 et 339 encadre l’avortement au Cameroun, mais hélas de nombreuses zones d’ombre demeurent dans ces textes de lois concernant l’avortement médicalisé. À ce sujet, la SOGOC a fait plusieurs propositions au gouvernement camerounais ceci dans le but d’améliorer ces textes afin de garantir la santé sexuelle à toutes les femmes. Cette demande est d’autant plus légitime, car avec le protocole de Maputo ratifié par le Cameroun qui exige à chaque état signataire de prendre les mesures appropriées pour protéger les droits reproductifs de la femme. Des associations telles que la SOGOC ne cessent de rappeler au gouvernement de rendre effectif ce protocole au Cameroun.
Par Rihanno Mars









![[Non] aucun recrutement d’agents n’a été lancé dans le cadre du Chan 2020.](https://visartculture.com/wp-content/uploads/2020/01/FB_IMG_1580394282871.jpg)