Bonjour mes culturiens ! C’est toujours un plaisir de vous retrouver pour une nouvelle séance de lecture autour de la culture 237.
Appelez les pompiers car le sujet dont nous allons parler aujourd’hui est un sujet assez « hot » : L’hypersexualisation dans le Bikutsi.

Le Bikutsi est un rythme musical traditionnel du patrimoine culturel Camerounais. Développé chez les habitants du centre et Sud du Cameroun, le Bikutsi est un genre très apprécié et dansé par la communauté Camerounaise et s’est très vite imposé comme richesse pour la culture de notre pays. Cependant, au fil des années, l’on a pu observé une transformation de ce milieu, totalement différente de ce à quoi les créateurs de ce style nous avaient habitués. Le Bikutsi est devenu un rythme promoteur d’une sexualité un peu « trop » prononcée.

Cela commence par les textes de certains artistes comme K-tino, Lady Ponce,Tanus Foe, Richard Amougou…qui misaient et misent beaucoup sur des expressions à connotation sexuelle qui n’a pas toujours été appréciée par certains consommateurs mais très aimé et dansé par certains ce qui a toujours crée des avis partagés autour de ce style musical.
Étant donné que la censure des œuvres musicales est quasi absente dans notre pays, chacun chante ce qu’il veut, les musiques Bikutsi au vocabulaire pornographique pullulent on y retrouve des mots tels que: chatte, queue, caleçons,…et pour masquer cela la nouvelle génération de ce genre musical ( comprenant les artistes tels que Coco Argentée, Mani Bella, Amazone, Tchakala VIP…) utilise un vocabulaire codé par des mots relevants d’objets, fruits, nourritures à l’exemple de Mitoumba, marteau, plantain et des verbe d’action comme faire, entrer, bouger...

À part ce vocabulaire décalé, nous pouvons remarqué d’une part que dans les clips vidéos des tubes Bikutsi, l’artiste et les figurants sont légèrement vêtus ce qui laisse libre champ sur leurs nudités. D’autres part, la gestuelle dans ces clips est assimilable à celle des fils érotiques et tout ceci pour susciter chez le consommateur des envies plus ou moins sexuelles.
Cette hypersexualisation de la musique Camerounaise peut se comprendre par le fait que la mondialisation s’étend jusqu’à nous ce qui fait que nos artistes veulent copier les habitudes des occidentaux telles vues dans leurs clips.
Malgré l’évolution des mœurs dans notre société africaine, et camerounaise en particulier, le sexe reste encore un sujet tabout. N’étant pas épargné de la mondialisation, le besoin d’émancipation se fait de plus en plus grand. Ceci pourrait expliquer cette présence de la sexualité très prononcée dans le genre bikutsi.

Le public la consomme t’il ?
Cette musique est fortement consommée par les adultes et même les enfants, pas de cérémonie, pas de soirée sans sonorité au rythme Bikutsi. Sans chansons à succès de ce genre musical.
On pourrait taxer ces musiques de perverses, grossière ou tout autre qualificatif qui va avec, mais le public semble apprécier, le catalogue le plus connu des artistes bikutsi par la nouvelle génération est celui des titres avec une forte connotation sexuelle. On sens une jeunesse en besoin de se libérer selon nous.

Il y’a t’il des changements dans la société ?
Tous ces éléments suscités plus haut ne sont pas sans conséquences car touchent la société et modifient négativement nos mœurs car les jeunes copient très vite ces styles d’habillement, utilisent les mêmes mots dans leurs vies courantes.
Faut t’il encourager ou réprimer ce style de musique ?
Le sexe est un sujet intéressant, et sera toujours d’actualité. Mais alors cette façon de l’aborder est t’elle la bonne ? Une sexualité très prononcée dans les chansons, détourne t’elle le public de l’essentiel ?
Voilà quelques questions qui méritent réflexion.
Afin de limiter l’impact qu’a ces musiques Bikutsi hypersexualisées sur la société, le ministère des arts et de la culture doit mettre sur pied des sanctions pour ces artistes qui chantent « le sexe » pour leur éviter de ternir davantage l’image du Cameroun et celui de ce style historique de la musique de notre pays.
Les culturiens, nous espérons vous avez aimé l’analyse. N’hésitez pas de nous laisser en commentaire vos avis sur l’hypersexualisation dans le Bikutsi..
Par Loïc Choupo & Rihanno Mars








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