Hello les culturiens, j’espère vous allez bien. Aujourd’hui, je prends ma plume non pas pour vous décortiquer une nouvelle sortie musicale, mais pour parler d’un sujet assez délicat, tabou dans notre société. Ce genre de sujet qu’on craint d’aborder : « l’homosexualité ». Aujourd’hui, analysons le cas des nouveaux comédiens 237 accusés de promouvoir l’homosexualité dans leurs différents sketchs. Certains à l’instar de Maahlox vont plus loin en affirmant qu’à travers la comédie, ils font leur coming-out. Mais qu’en est-il réellement ? A-t-on des jeunes qui débordent de talent ou alors des homosexuels ? Faut-il censurer ces comédiens ? Que promeut véritablement cette nouvelle vague de comédiens ? La cancel culture qui s’élève contre eux est-elle assez forte ? Les culturiens posons nos préjugés de côté et abordons ce sujet dans l’élégance d’une critique digne de ce nom.

Voici la situation au 237
Depuis ces deux dernières années, la scène artistique 237 a vu naître de nouveaux visages de la comédie, propulsés en avant par les réseaux et notamment la plateforme Tik Tok. Ma’a Ndongo, Dylan comédie, Joël Peyo, ma’a Jacky, ma’a Béa et bien d’autres forment cette nouvelle cohorte. Leur point en commun, ils se mettent dans la peau des femmes pour faire rire.
L’origine de la représentation de la femme dans la comédie.
Dans les débuts, c’étaient des hommes qui prenaient la voix de femme pour faire rire. Nous sommes à une époque où les nouveaux médias tel que la télé ne sont pas encore assez vulgaire au Cameroun. C’est la radio qui est populaire en ce moment. Les sketchs sont diffusés sur la forme d’audio. À cette période, c’est le duo Big Mami, safaria qui domine les ondes radios. Cet artiste reprend les voix d’une femme pour se faire passer pour un enfant.
L’interprétation va aller plus loin avec le comédien Major Asse dans les années 2010 qui incarne une vieille femme noire à la recherche d’un blanc dans ses sketchs. Un rôle qui lui pousse à adopter des manières efféminées, dans sa représentation sur scène, il ne porte pas de tenue de femmes. Il fait juste un peu les manières… Un personnage qui plaît au public camerounais, la fameuse réplique « à ton âge, tu cherches encore les blancs, est ce que moi j’en fabrique » fait le tour du pays et bien au-delà. Plus tard, se sera à Moustik le Karismatik de mettre en avant le personnage super Obamla. Cette fois-ci, il va un peu plus loin que Major Asse et adopte aussi une tenue de femme. Perruque, faux seins, bref la totale. Le personnage passe et se fait valider par le public camerounais. Par la suite on verra plusieurs comédiens se mettre dans la peau d’une femme pour interpréter des rôles à l’instar de Fingon Tralala, etc.
Une société camerounaise jalouse de ses mœurs.
Je ne vous cache pas que Major ou Moustik ont été traités d’homosexuels par pas mal de monde. Ceux-ci disent ne pas vouloir l’homosexualité dans leur société. Rappelez-vous lorsque l’homosexualité a été dépénalisée au Gabon. Plusieurs voix se sont élevées pour accuser les comédiens gabonais qui se déguisent en femme de responsables de cette situation. Je prends ceci en guise d’exemple. L’homosexualité reste encore un sujet tabou dans la société, on n’en parle pas. On n’en veut pas. Tout d’homme avec des manières de femmes, des femmes avec des manières d’homme est tout de suite taxé d’homo. Un type de personne qu’on ne veut pas dans notre société. Même la loi camerounaise est elle aussi contre cette pratique sexuelle.
De la comédie ou un coming-out caché ?
Le cas de la nouvelle vague de comédiens cité plus haut enflamme encore plus la toile et les débats. Un mouvement de cancel culture s’élève pour dire stop à cette comédie un peu trop saupoudré d’homosexualité. À la différence de Major et Moustik que nous considérons comme les pionniers de la représentation féminine dans la comédie à l’ère du numérique, nos nouvelles stars se sont faites connaître dans la peau d’une femme. Parfois, même s’il essaie d’incarner un autre rôle bien difficile d’étouffer un peu plus le personnage féminin de base. Une situation qui fait un peu too much aux yeux du public 237. Et plus en plus de voix s’élèvent contre eux. Pour certains, ça ne les concerne pas de savoir s’ils sont vraiment homo en d’autres sortent, c’est leur vie. Pour d’autres, ils se contentent de trouver beaucoup de rire dans chaque sketch proposé. Pour certains, il n’y a rien à dire, ce sont des homosexuels. Ils doivent être bannis, surtout de la scène artistique.
Le public camerounais, impose-t-il par ses préférences des comédiens efféminé ?
Pourquoi ces nouveaux comédiens qui incarnent des femmes ont un tel succès et une bonne réception du public ? Ceci se démontre au niveau des likes commentaires, des reprises par les fans de certains sketchs, les invitations dans les mariages et autres événements, surtout la validation par des pop star bien plus influente. Exemple Ma’a Jacky se fait valider par Marcelle Kuetche, Moustik, Nourane Foster pour ne citer que ces exemples. Je vous épargne sa nomination au canal d’or, la grosse validation quoi….
De la haine ou tout simplement de la jalousie ?
La question mérite d’être posée. Ils ont du succès ces nouveaux comédiens, des contrats avec des structures importantes à savoir MTN Cameroun ; cela peut faire naître une frustration qui peut conduire à de la jalousie, qui peut être maquillée en homophobie. Exemple pourquoi Diana bouli qui se déguise parfois en homme pourquoi n’est pas aussi taxé de lesbienne ?
La cancel culture camerounaise a-t-elle un poids ?
La cancel culture, c’est le fait qu’un artiste pour des raisons justifiés ce fait boycotter voire même interdire par des personnes qui ne pardonnent pas ce qu’il a fait. Au Cameroun, les premiers cris sont poussés par la cancel culture sur ces nouveaux comédiens. Si le mouvement n’est pas effectif physiquement, il prend une ampleur considérable sur les réseaux. Des affiches avec les croix barrées circulent un peu de partout et créent les débats. Peut-être pour le moment, aucune star n’a soutenu publiquement cette cancel culture, mais on peut en arriver là ?
Votre avis sur ce sujet est lequel ? Si vraiment ces jeunes étaient des homosexuels, que faut-il faire ? Voyez-vous de l’homosexualité camouflée chez ces jeunes comédiens ? Sont-ils des canaux de promotions de l’homosexualité ?
Votre avis en commentaire.
Par Rihanno Mars








![[Non] aucun recrutement d’agents n’a été lancé dans le cadre du Chan 2020.](https://visartculture.com/wp-content/uploads/2020/01/FB_IMG_1580394282871.jpg)
Personnellement je ne vois pas en ces comédiens la volonté de promouvoir l’homosexualité. Je m’intéresse à leurs facultés de transmission des faits de notre société de manière comique dans le but de nous faire rire. Pour bien jouer son rôle, il faut bien se mettre dans la peau du personnage. C’est pourquoi ils sont talentueux. Si au-delà de cela il s’avère qu’ils soient réellement des homosexuels, et bien en quoi est-ce que ça influencerait mes objectifs personnels? Comme pour dire que je m’en fou éperdument de leur orientation sexuelle, ce qui m’intéresse c’est leurs comédies qui me font rire.
Merci pour ce commentaire vide de discours haineux;
J’admire le travail que vous faites
Merci pour ces mots d’encouragement