A l’heure où le digital s’impose comme un présent vivant et un futur inévitable, l’arrivée des plateformes digitales de cinémas camerounais reste encore timide pour la population camerounaise. Être ou ne pas être Android ? Telle est la question. Il faut reconnaitre que ce type de support est vraiment une aubaine pour les cinéastes du pays à cela s’ajoute l’existence des réseaux sociaux qui sont une vitrine sûre pour montrer la satisfaction et le professionnalisme des acteurs du métier. Mais est-ce que cela serait au détriment des salles de cinémas ? des projections privées thématiques ? De la communication du bouche à oreille ? Les plateformes font le bonheur des uns et le malheur des autres à certains niveaux?
Contenu varié ou avarié
Ces plateformes proposent un bon nombre de contenus variés voir dépassant même le territoire du 237, on parle alors de « panafricanisme ». Mais certaines sont vieillissantes et n’actualisent pas le contenu ce qui peut être fatale car cela amène tout comme un pays où le taux de natalité est bas, la plateforme risque de mourir. Le contenu doit être varié, attrayant, original et surtout actualisé. Il y a aussi cette interrogation qui s’adresse à ces producteurs est ce qu’ils sont satisfaits ? Trouvent-ils leurs comptes ? Est-ce que les abonnés sont satisfaits ? Trouvent-ils également leurs comptes ?.
Popularité, argent & Starmania
Un cinéaste camerounais disait » On peut avoir l’argent pour faire du cinéma, mais pas avoir l’argent pour vivre du cinéma « . Cette phrase s’applique également pour ces œuvres qui sont sur ces types de support. Il faut savoir que si un cinéaste ne comptait que sur les plateformes pour vivre du cinéma il y aura longtemps qui vendrait le beignet haricot et l’eau glacé. Sachant que beaucoup de ces producteurs et cinéastes ne disposent pas de service de communication ou d’une attachée de presse sur un projet spécifique afin de promouvoir leurs œuvres. Cela est un véritable problème, car sans communication de l’existence d’un produit et cela quelque soit l’activité, aucune possibilité d’accroître la clientèle et la fidéliser. Beaucoup de ces plateformes ne communiquent pas sur l’existence de leurs activités mais également certains cinéastes ne font pas leurs promotions et cela est une problématique véritable des deux parties. Qui ont des conséquences sur le professionnalisme des deux parties notamment sur la garantie de visibilité des œuvres.
Afin de bien lancer un produit, si les moyens financiers de communication ne sont pas au rendez-vous, la nécessité des réseaux sociaux à utiliser de manière intelligente et créative est une belle alternative. Mais un producteur ne peut pas être un communicateur, un producteur ne doit pas être un communicateur mais il se doit de participer à cette tâche afin d’accompagner ses personnes qui se chargeront de ce travail pour donner sa vision des choses et être à l’écoute des suggestions de cette équipe.
Le fonctionnement de l’abonnement
Pour découvrir les contenus, certaines plateformes disposent de formule d’abonnement mensuel ou trimestriel voir annuel et vous avez l’accessibilité totale à tout comme un vrai buffet culinaire. D’autres plateformes proposent uniquement du VOD c’est à dire l’achat de saison d’une série ou d’un film et pour les plus courageux et audacieux, ironiquement, ils proposent différentes formules d’abonnement avec en plus l’achat de VOD. Ce qui n’est pas plus chère mais hors de prix.
Nous n’allons pas sortir les violons mais demander à un abonné de payer un abonnement + un ou plusieurs VOD sur le même mois ou même dans quelques mois est un manque de professionnalisme totale des plateformes voir même suicidaire et tout cela sans le fidéliser par plusieurs possibilités non onéreuses qui pourraient être mis en place par ces plateformes. De plus, sur le montant de ces abonnements, les producteurs ne touchent aucun pourcentage mais gagne une certaine visibilité qui ne rentabilise pas non plus le statut financier de leurs sociétés de productions donc nous tournons dans un cercle vicieux.
La cinéthologie kmer
Chose à savoir et qui est décevante, ces plateformes digitales faites par des Camerounais ne sont pas accessibles à une grande partie de la population camerounaise vivant sur le pays. Ce qui est inimaginable car comment ne pas pouvoir se nourrir du locale avant de regarder ce qui se passe en dehors du pays ?. La raison est multiple beaucoup ne disposent pas de plusieurs outils de communication au sein du foyer. 90% de la clientèle sont issus de la diaspora car plusieurs moyens visuels s’offrent à eux tels que l’ordinateur, le téléviseur, la tablette et l’indispensable téléphone donc pour ces cinéastes le choix est vite vu c’est la diaspora qui gagne. Mais à qui la responsabilité face à ce fléau ambulant qui ne cesse de croître ? Les producteurs ? Les cinéastes ? Les plateformes ? l’ensemble de ces corps de métiers ont-ils pensé à ces blogueurs ? ces bons blogueurs disposant d’un blog et non pas juste d’une page de réseaux sociaux en s’attribuant le titre de « blogueur », ces vrais blogueurs faisant des articles, du contenu véritable. Qui pourraient tellement apporter à ces personnes citées en matière de visibilité et pourquoi pas d’éventuels collaborations et partenariats.
Pourquoi faire des films alors ?
Et pour terminer, dans cette famille de cinéaste, nous avons la catégorie des cinéastes extrémistes qui se refusent catégoriquement de mettre leurs contenus sur les plateformes sûrement pour des raisons qui sont les leurs mais on peut imaginer certaines raisons tels que le prix proposé n’étant pas en leur faveur pour le dur labeur fait sur la réalisation. D’autres ont eu l’expérience également de mettre en plateforme sans avoir reçu un sou de la plateforme ou d’autres désaccords. Il faut savoir que créer une plateforme est un investissement excessivement cher et que la concurrence d’avoir plusieurs plateformes ne doit pas être vue d’un mauvais œil. Si ces cinéastes ont l’œil artistique, ils devraient avoir l’œil de se dire que la concurrence n’est pas une mauvaise chose car elle permet tout comme un acteur qui joue un ou plusieurs personnages d’être un vrai caméléon donc de se diversifier, de se réinventer. L’existence de multiples plateformes est bénéfique c’est comme l’offre d’un panier garni on y prend un peu de tout. Encore une fois, ce refus d’intégrer des plateformes est un choix et le droit le plus stricte du cinéaste surtout s’il y a d’autres possibilités qui s’offrent à eux mais dans certains cas ils préfèrent garder leurs œuvres au placard et les ressortir à leur bon vouloir comme une bonne bouteille de vin ayant pris de l’âge.
Le devenir de la plateforme
Un film est fait pour être connu et reconnu et lorsqu’il n’est dans aucune de ces pensées citées ou ailleurs ils créent la frustration au téléspectateur qui ne verra jamais cette œuvre tant attendu pour des raisons qui peuvent être fondées comme infondées. Le gouvernement étant aux abonnés absents aurait pu être une aide essentielle et devrait être un pilier non pas que sur l’aspect financier mais l’aspect d’accompagnement et de suivi. En débutant par exemple, par le prêt de salle et matériels, audiovisuels ou informatiques. Le cinéma est comme le droit et l’économie quand le besoin du client évolue l’offre doit évoluer. L’impact d’une évolution voir une révolution culturelle favorise le développement professionnel car qui dit ouverture à la culture, dit préserver le patrimoine d’un pays ses valeurs, ses richesses, mais dis également création d’emplois donc en conclusion développement de l’économie d’un pays. C’est ainsi que le rideau de cette dernière séquence se ferme avec un marché pas encore assez exploité, une limitation sur le pouvoir d‘achat culturelle de la population camerounaise et à cette frustration cinéastologique comme une fin de pièce de théâtre accompagné d’un silence des acclamations qui auraient pu poser un autre regard sur le 7e art camerounais qui n’a jamais été mort mais qui renaît de ces cendres avec la place aux plateformes que le cinéaste estiment encore pas toujours en formes voir aux normes de ses idéaux.
Par team Visartculture









![[Non] aucun recrutement d’agents n’a été lancé dans le cadre du Chan 2020.](https://visartculture.com/wp-content/uploads/2020/01/FB_IMG_1580394282871.jpg)
Merci pour cet article qui fait bien le tour de la question. Alors adopté ou supportable? Perso, en cours de chemin entre les deux
D’accord